Demain est annulé

La pandémie de coronavirus contraint la Parole Errante, comme tant d’autres lieux, à annuler tous les événements publics, ainsi que les activités quotidiennes (café-librairie Michèle Firk, Centre social autogéré, cantine, etc.) pour une durée indéterminée.

Cette pandémie, dans sa circulation comme dans sa gravité, est – à travers la mondialisation des transports, l’élevage industriel, la déforestation massive – un résultat direct du primat sans partage de l’économie. Elle fragilise et fragilisera davantage un nombre considérable de personnes déjà en situation de grande difficulté dans une société qui casse méthodiquement les systèmes de solidarité, de protection sociale, de santé, et qui prône toujours, aujourd’hui même, malgré la crise sanitaire exceptionnelle, la mise au travail contre le soin, la recherche du profit contre le commun et l’entraide. Combien faudra-t-il de grèves et de morts avant que, comme en Italie, la production soit limitée à l’indispensable ?

Face à une telle situation, dans le strict respect des mesures sanitaires de protection pour éviter la propagation du virus, il nous faut rester en liens, attentifs aux initiatives de solidarité qui émergent déjà. A l’échelle locale, nous resterons donc en veille pour décider ponctuellement d’autres usages du lieu (dépôt de nourriture par exemple), se coordonner avec des initiatives existantes, réseaux, associations, collectifs mettant en œuvre des pratiques de solidarité de base.

Aux personnes à la rue, à celles en situation de grande promiscuité, aux femmes exposées d’autant plus aux violences des hommes et à la précarité, aux personnes enfermées dans les prisons et dans les centres de rétention administrative, à celles et ceux que la police continuera à harceler et contrôler en priorité, à toutes et tous les sans-papiers, aux personnes contraintes de continuer à travailler sans raison ou sans les aménagements ni protections nécessaires, à toutes et tous les précaires, aux personnels de l’alimentaire, des services publics et notamment aux personnels soignant.e.s en première ligne, nous exprimons toute notre solidarité et notre soutien.

Pour rester en liens, continuer à prendre soin les un.e.s des autres, prendre la mesure politique de cette situation inédite et préparer la suite, voici quelques liens utiles :

. Pré-diagnostic en ligne afin d’éviter d’engorger les urgences et être pris·e en charge le plus efficacement possible : https://c19.info/fr/
. N° d’information sur le Covid-19 en cas de situation non urgente : 0 800 130 000 (en permanence, 24h/24 et 7j/7)
. N° d’urgence médicale Covid-19 : le 15 (en permanence, 24h/24 et 7j/7)

. Liste de structures ouvertes à Paris : http://www.solinum.org/coronavirus-structures-ouvertes-paris-75/
. L’initiative COVID-Entraide, réseau de groupes d’entraide locaux : https://covid-entraide.fr/
. Un suivi quotidien sur ACTA.zone : https://acta.zone/coronavirus-confinement-et-resistances-suivi-en-continu/
. Revue de presse collective en temps d’épidémie : https://laderiveuse.noblogs.org/

. Et pour communiquer, cet outil de tchat et d’audio-conférence, sans contrôle des données et des comportements de ses utilisateurs : Framatalk : Mumble Framatalk : un serveur pour parler à plusieurs – Framablog

Publié le 24 mars 2020 dans Textes 

Soutenir la Parole Errante

La Parole Errante, ouverte à Montreuil depuis 1997 à l’initiative du poète dramaturge Armand Gatti et de sa tribu, accueille un grand nombre de réalités et de pratiques : des associations de quartiers, des syndicalistes et des gilets jaunes, des collectifs en lutte, des fêtes de solidarité, des événements contre les violences policières, les violences d’État, la prison, des permanences d’entraide, des ateliers, des créations théâtrales, un café-librairie, des maisons d’édition, des revues, une cantine, un jardin et un potager autogérés, des collectifs de création ou de diffusion cinématographique…

Nombreuses sont les réalités qui ont pu et peuvent toujours trouver à la Parole Errante un refuge, un espace où se retrouver, échanger, s’organiser.

Depuis 2015 et la fin prévue du bail entre le Conseil Départemental de la Seine-saint-Denis, propriétaire des lieux et l’équipe d’Armand Gatti, un collectif d’usager.ère.s, la Parole Errante Demain, s’est constitué pour imposer, inventer, dans un processus collectif et à partir de l’existant, des suites possibles, désirables pour ce lieu.

Convaincue de la nécessité de faire vivre des espaces d’expérimentation, à distance des logiques marchandes, la Parole Errante Demain a pour l’heure réussi à éviter la transformation du lieu en un espace culturel normalisé, et à imposer une suite qui reparte de la multiplicité des usages accueillis, par-delà les frontières établies entre culture, politique et social.

Depuis la fin effective du bail en 2017, c’est à partir de ce collectif que s’organise le quotidien, la programmation de la grande salle, la vie du lieu ainsi que la lutte pour son devenir et sa réinvention.

La Parole Errante repose entièrement sur le volontariat des usager.ère.s qui y participent, sur les contributions financières des collectifs qui en font usage régulièrement ou ponctuellement, sur les recettes des évènements de soutien au lieu et des dons…

Pour être tenu au courant des activités à la Parole, vous pouvez vous inscrire à la lettre d’information sur le site http://laparoleerrantedemain.org, venir aux évènements, au café-librairie, participer aux ateliers du centre social autogéré…

Nous avons besoin de lieux d’auto-organisation pour se rencontrer, discuter, combattre les logiques de concurrence, de privatisation, faire vivre des pratiques de solidarité, épauler les luttes en cours, rendre possible des initiatives culturelles, sociales et politiques qui dessinent une autre ville, une autre géographie que celle imposée par les politiques urbaines et la métropole du Grand Paris.

Continuons à prendre la Parole !

La Parole Errante nécessite en terme d’entretien, de coût des fluides (électricité, eau, gaz pour le chauffage), de consommables, d’assurances et du minimum vital pour faire vivre le lieu au quotidien, un budget annuel d’environ 45 000 €.

Financièrement, la Parole Errante fonctionne essentiellement grâce aux participations des collectifs et réalités qui en ont l’usage régulièrement (librairie Michèle Firk, Centre Social Autogéré, par ex.) comme ponctuellement (évènements, théâtre, projections…), aux recettes des événements de soutien organisés pour le lieu ainsi qu’à des dons réguliers et occasionnels.

Cette économie très fragile permet tout juste de couvrir le minimum des besoins de ce grand espace et ne peut financer les diverses améliorations des conditions matérielles de l’accueil, par exemple.

Pour que ce lieu reste disponible à des initiatives à l’économie souvent précaire, pour qu’il reste accessible au plus grand nombre, en privilégiant les évènements gratuits et à prix libre, il est important de le soutenir, à la hauteur de ses moyens.

Voilà pourquoi nous vous appelons à soutenir la Parole errante par un don ponctuel ou un virement automatique, aussi faibles soient-ils.

Poursuivons cette fabrique du commun, continuons à défendre ce lieu d’expérimentation auto-organisé, les manières d’être et de faire qu’il rend possibles, les formes de partage et l’autonomie, rare en région parisienne, qu’il permet.

Des sous, tiens !

Donner via HelloAsso : https://www.helloasso.com/associations/la-parole-errante-demain/formulaires/1

Faire un virement IBAN : FR76 17515 90000 08 0117920 91 73

Publié le 12 janvier 2020 dans Fabrique du commun